Ce que gagne un producteur laitier : 750 euros par mois
Par TF1 News (D'après agence), le 15 décembre 2009 à 07h33, mis à jour le le 15 décembre 2009 à 07:39
La chute des revenus a été sévère en 2009. Les producteurs de lait sont les plus mal lotis. Depuis 2007, les agriculteurs ont vu leurs revenus divisés par deux.
"Grève du lait" au Mont-Saint-Michel
Après la mobilisation des producteurs de lait protestant contre la chute de leurs revenus, mais aussi celles, régulières, d'autres secteurs agricoles, les comptes prévisionnels de l'Agriculture publiés lundi par le ministère font le point sur ce que gagne la profession. Il en ressort que 2009 est une année noire pour beaucoup : les agriculteurs ont enregistré en moyenne une baisse de plus d'un tiers de leurs revenus, alors même que l'année 2008 avait déjà été difficile. Motif : la poursuite du recul des prix agricoles, qui avaient déjà baissé de 20% l'année précédente. Ainsi, pour cette année, le revenu annuel moyen des agriculteurs devrait se situer à 14500 euros, ce qui fait une moyenne mensuelle de 1200 euros. C'est environ moitié moins que le record de 28.500 euros de 2007.
Conséquence de ce marasme de la profession, le revenu des agriculteurs en 2009 sera inférieur à celui du début des années 1990, même en y incluant les aides européennes et françaises. Les éleveurs laitiers sont les plus touchés avec une baisse de plus de la moitié (-54%) de leurs revenus, devant les arboriculteurs (-53%) et les exploitations spécialisées dans les céréales et les oléo protéagineux (-51%). Les revenus moyens des éleveurs laitiers pour 2009 atteindront les 9000 euros, soit en moyenne mensuelle... 750 euros. C'est bien en dessous du Smic. Et c'est moitié moins que les revenus de 2008 (19.000 euros), un pic alors dû à la flambée des prix du lait en 2007 et 2008. Depuis, les prix ont chuté.
"Les paysans sont au bord du gouffre"
Parmi les productions qui tirent un peu mieux leur épingle du jeu figure une partie de la viticulture, celle des vins de table et de pays (+39%) tandis que les vins d'appellation sont en chute en 2009. Les élevages de bovins se redressent (17%) mais cette évolution positive ne rattrape pas encore les fortes baisses des deux années précédentes. De même pour l'élevage ovin dont la progression (22%) ne comble pas le retard pris depuis 2002.
De façon unanime, les acteurs du secteur ont fait part lundi de leur inquiétude. Le syndicat majoritaire, la FNSEA, fait état d'une "situation désespérée" des agriculteurs tandis que les Chambres d'agriculture évoquent "un effondrement annoncé". Pour la Confédération paysanne, "les paysans sont au bord du gouffre" et la Coordination Rurale (CR) parle d'un "bilan consternant". Certains veulent agir tout de suite, notamment dans le secteur laitier, où la question du prix est toujours en suspens. Certains producteurs laitiers menaçaient de s'associer au mouvement des routiers de blocage de la grande distribution. Mais l'idée a été abandonnée depuis la signature de l'accord entre les transporteurs, selon François Lucas, président de la CR.
Ces chiffres confirment "la gravité de la crise", a réagi pour sa part le ministre de l'Agriculture, Bruno Le Maire, y voyant une justification du plan d'urgence annoncé fin octobre par le président de la République. D'un montant de 1,650 milliard d'euros dont un milliard de prêts bonifiés, ce plan doit permettre à "chaque agriculteur à trouver une solution à ses difficultés", a réaffirmé le ministre. Bruno Le Maire, qui en a fait son cheval de bataille, a insisté à nouveau sur la nécessité d'une régulation des marchés agricoles européens pour contrer la volatilité des prix et ainsi "stabiliser les revenus des agriculteurs". Le ministre souhaite également mettre tous les syndicats autour d'une table pour convenir d'un prix pour le début 2010.
Par TF1 News (D'après agence) le 15 décembre 2009 à 07:33